28 mai 2009

Elle se lâche

,

Elle se lâche

Elle m’a dit "tais-toi ou j’me fâche"

La peau d’vache


Elle a commencé la garce

Par se fringuer en Barbie

Je lui ai parlé de farce

Elle m’a rétorqué "sexy!"


Elle s’est tartinée du rouge

Comme de la confiture

J’ai dit c’est pas dans un bouge

Qu’on va, lave ta figure


"Je me lâche

Qu’elle a dit, tais-toi ou j’me fâche"

La peau d’vache


Elle a enfilé un truc

Qui parait-il est une jupe

Moi qui ne suis pas ennuque

J’étais chèvre mais pas dupe


Au bout de ses bas résilles

Elle a planté des échasses

Je me suis dit cette fille

C’est ma copine, Ô l’angoisse!


"Je me lâche

Qu’elle m’a dit, tais-toi ou j’me fâche"

La peau d’vache


Attifée comme une bimbo

Elle a fait sa digne entrée

Au bras de son bon gogo

Au secours où est ma fée?


Elle a bu comme une ivrogne

Et fumé comme un pompier

Et même un sourd muet borgne

Ne s’y serait pas trompé


"Je me lâche

Qu’elle a dit, tais-toi ou j’me fâche"

La peau d’vache


Elle a fait jouer ses jambes

Elle a fait jouer ses yeux

Elle a joué comme flambent

Les millionnaires chanceux


Elle a lancé des œillades

A tous les mâles présents

Des bellâtres niais et fades

Qui la draguaient comme des glands


"Je me lâche

Qu’elle a dit, tais-toi ou j’me fâche "

La peau d’vache


Ivre, alanguie, fatiguée

Elle a prit mon bras soudain

Nous avons pris le tramway

De six heures, main dans la main


Ivre, alanguie, fatiguée

Elle a dit "amour, c’est vrai

J’ai dansé et j’ai flirté

J'me suis p'têtre un peu lâchée


Mais c’est toi

Mes matins, mes demains, ma joie

Pis voilà ".


27 avr. 2009


On m’a dit « marche ou crève »
Moi je rêve
Je rêve à m’en donner
La nausée
Les pieds soudés à la route
Je déroute
Je déraille, je m’embrouille
Je dérouille

Et mes rêves ne sont plus qu’une pauvre chanson
Que je chantonne pour me donner le courage
De raccrocher en route les troupeaux de wagons
Et fondent mes étoiles dans leur morne sillage

On m’a dit « le temps c’est
D’la monnaie »
Le mien de temps, finance
Mes errances
J’en fabrique des cris
Paragris
Ecrits muets de rage
Dans les marges

Mais ces cris ne sont guère qu’un soupir en suspend
Coincée au fond d’ma gorge il faut bien être sage
Et raccrocher en route les wagons des marchands
Qui gomment mes chansons dans leur furieux tapage

On m’a dit « bosser plus
C’est bonus
Tu pourras t’re payer
Une télé »
Si c’est pour qu’ma cervelle
S’fasse la belle
Après des journées d’cons
Moi j’dis non

Et mes Nons se débattent au bord de ma conscience
Pour ne pas devenir des rêves oubliés
Quand je raccroche en route les wagons de silence
Qui cachent mes révoltes sous leurs vitres teintées

20 avr. 2009

Petite chanson






















Petite chanson

Pour tous les garçons
Dont j’ai frôlé le tambour
Jolis souvenirs
Qui me font sourire
De nos tendresses d’un jour

Messieurs ces matins
Dans vos bras câlins
Je ne les oublierai pas
Dans la solitude
Je ne suis pas prude
Dieu me le pardonnera

Petite chanson
A tous les garçons
Qui n’ont pas brisé mon cœur
Qui m’ont fait l’amour
En sachant qu’un jour
Nous nous quitterions sans pleurs

Messieurs pour nos nuits
Je vous remercie
Ainsi que pour le cadeau
De votre présence
De nos connivences
Et de joyeux apéros

Petite chanson
Pour tous les garçons
Qui on frôlés mon tambour
Joyeux papillons
Qui nous la savions
Ne durent guère qu’un jour

18 avr. 2009

Drôle de poète !


La copine de mon copain
Ne trouve pas ses mots
Syndrome de la page blanche

La copine de mon copain
N'écrit que des textos
Des G'TM en avalanche

Mais quand les mots lui reviendrons
Je te promets
Qu'elle t'écrira des chansons
Belles à pleurer

La copine de mon copain
A l'amour trop heureux
Pour en façonner des quatrains

La copine de mon copain
Se dit qu'être neuneu
C'est pire que de n'écrire rien

Mais quand des mots lui parviendront
Des mots d'amour
Elle t'écrira des chansons
De troubadour

La copine de mon copain
Ne connait que l'instant
La rage, la joie, la souffrance

La copine de mon copain
N'est qu'apprentie du temps
Lorsque dure la belle danse

Mais quand elle saura tresser
Avec la joie
Chacun des ses mots emmêlés
Sera pour toi

23 janv. 2009

Mister Bordeur

.

Monsieur est affligé d’un mal au nom anglais, qui lui ôte la peau

Monsieur la chair à vif, on lui coupe les tifs, et il crie au bourreau

Monsieur se sent des ailes, le matin au réveil, et le soir un fardeau

Monsieur se sent souvent bien trop seul et pourtant, fui les autres un peu trop


Mister Bordeur

Sur le fil à retordre

A la tête en désordre

Mystère « border »

Lui a dit son docteur

Mister Border a peur


Monsieur cherchait l’amour, mais l’amour est un four, qui lui brûle les chairs

Monsieur sans peau se tisse, des cocons de délices, loin du feu des enfers

Monsieur ne sait pas dire d’où lui viennent ses rires d’où lui viennent ses pleurs

Monsieur au demeurant, a peu de confidents, mais il a un docteur


Mystère « border »

Lui a dit son docteur

Monsieur bordeur a peur

Mister Bordeur

Ne veut pas explorer

Cette obscure contrée


Monsieur a l’air d’un doux, dingue mais il est fou de souffrance chronique

Si monsieur rêve tant, c’est que la vie lui tend des fourches et des piques

Monsieur parfois exulte, voue de drôles de cultes, oublie sa peau partie

Mais les drogues l’harrassent, ses angoisses l’enlacent, après de brefs répits


Mister Bordeur

Sur le fil du rasoir

Ne peut guère s’asseoir

Mystère « Border »

Accroché à son corps

A la vie à la mort


Monsieur se croyait seul, égocentrique et veule, incompris, maladroit

Monsieur était malade, fatigué des balades, de Charybde en Scylla

Monsieur est affligé d’un mal entrelacé à son corps dépiauté

Monsieur sait peu de choses, ni l’issue ni la cause, mais il sait un sentier


Mystère « border »

Brodé dans le cerveau

Monsieur se sent plus beau

Mister Bordeur

Ressaisi ses bagages

Et reprend le voyage

.