6 avr. 2010

Les gens

Les gens qui ne sont pas comme nous

Ils existent, j’en connais

C’est ceux qui ont l’air un peu fou

Mais qui sont juste blasés


Ceux qui s’habillent à Emmaüs

Parce que ça fait artiste

Et qui ne se lavent les cheveux

Qu’au jus de pharumyste


Ceux qui ne lassent pas leurs godasses

Parce qu’il faut se baisser

Et qui trimballent dans leur besace

De ténébreux essais


Ceux qui ne s’engagent jamais

Car tout est relatif

Mais qui savent sur Sévigné

Même sa taille de soutif


Les littéraires clodo-bobos

Ils existent, j’en connais

C’est ceux qui te prennent de haut

Mais qui sont juste gonflés


Ceux qui jointent toute la journée

En pyjama crado

Bien loin du commun des ratés

Métro boulot dodo


Ceux qui oublient d’aller en cours

Et s’en fichent pas mal

Car ils palabrent après l’amour

Sur l'œuvre de Stendhal


Ceux qui nous prennent pour des cons

Parce qu’on se crève le cul

A payer nos impositions

Pour ce tas de glandus


Les révoltés du canapé

Ils existent j’en connais

C’est ceux qui activent leur gosier

Bien plus que leurs fessiers


Cependant mon honnêteté

M’incite à cet aveu :

Il est possible que j’aie été

De temps en temps l’un d’eux

16 mars 2010

Sortir du pieu


Il fait un froid d’canard, il fait un temps d’tétard

On n’a pas bien dormi, les voisins sont fêtards

La gamine a vomi, quatre fois dans la nuit

Et Babette m’a dit, « tu gère cette fois-ci. »


Parfois c’est vach’ment dur

De se sortir du pieu

Pour dire bonjour à Dieu

Le cul sur des bancs durs


Dieu de surcroit je pense

A parfois l’envie folle

De balancer ses grolles

Et d’prendre des vacances


Il fait une pluie molle sur des feuilles détrempées

Mon frère s’est éteint, et cette vie soufflée

Me griffe la poitrine devant la tombe grise

Et ma foi de nouveau, vacille dans l’église


Parfois c’est en pleurant

Qu’on s’extrait de son pieu

Pour demander à Dieu

Pourquoi tant de tourments


Dieu de surcroit je pense

Se demande parfois

À lui-même « pourquoi? »

Pourquoi cette violence ?


Il fait un grand soleil au creux de ma poitrine

Babette m’a dit « oui, si tu fais la cuisine »

Je ferais la cuisine les courses et le ménage

Pour un seul grain d’beauté de son joli visage


Parfois c’est en dansant

Qu’on jaillit de son pieu

Pour dire merci à Dieu

Merci d’être vivant


Dieu de surcroit je pense

Est content quand parfois

On lui conte nos joies

Plutôt que nos souffrances

1 mars 2010

La positive génération
Sans trop d'illusions
Zappe, mate, tâte le nichon
Et fume le chichon

9 janv. 2010

Ton prénom


Parfois, entre deux battements, tu passes.
Parfois, de ton parfum je sens, la trace.

Et ton prénom haï, tabou, banni, et oublié
Se pose sur mes lèvres, encore.


Parfois, dans un éclat de rire, c’est toi
Parfois, certains pourraient mourir, de ça


Quand ton prénom haï, tabou, banni et oublié
Me noirci le regard, encore.


Parfois, tu te faufiles dans, un rêve
Parfois, j’en serre encore les dents, j’en crève


Quand ton prénom haï, tabou, banni et oublié
Me saute à la mémoire, encore.


Je n’ai, ni regrets, ni remords, ni mots
Rien qu’une cicatrice sous la peau


Où ton prénom haï, tabou, banni et oublié
Se planquera jusqu’à ma mort.