23 avr. 2011

La folie des hommes


Ils vont trouver deux balles rouges

Fichées sous la peau de ton front
Deux balles pour que plus rien ne bouge
Ça vaut pas lourd la vie au fond


Mais que pourront-ils savoir

En fouillant deux trous noirs

Du bout de leurs doigts gantés

Du poids de tes pensés ?


Ils vont trouver du sang séché

Dans les replis de ton cerveau

Qu'ils vont peser et mesurer
Et découper en fins copeaux


Mais que pourront-ils savoir
De tes sorties secrètes

D'un baiser, d'un désespoir

D'une première cigarette ?


Ils vont couper ta peau trop lisse
Pour soupeser ton cœur éteint
Mais comment peser l'injustice

Et ton cœur ne leur dira rien


Rien de tes colères noires

Ni de tes joies soudaines

Rien de celui qui un soir

T'a murmuré " je t'aime"


Non ton cœur ne dira plus rien

De ses danses adolescentes
Ni des raisons qui ont soudain

Stoppé sa course trébuchante


Il n'y a rien à apprendre

De ces deux balles en somme

Il n'y a rien à comprendre

A la folie des hommes

.

31 mars 2011

Tempête


Après que je l’aurai griffonné dans les marges

Jusqu’à en perdre la raison,

J’irai sur la jetée, jeter au vent du large

Comme en écho, ton nom.


Après qu’il aura fait lever en moi le vent

Sauvage de la passion,

Au fracas du ressac, aux cris des goélands

J’irai mêler ton nom.


J’irai sur les rochers rugueux de mon enfance,

Sous le fouet d’une pluie salée,

Contempler la beauté naître de la violence,

En gerbes éclatées.


J’irai fouler le sable humide de la grève,

Là où l’écume vient mourir,

Là où l’assaut rageur de l’océan s’achève

Et se mue en soupir,


Et j’écrirai ton nom, la mer l’effacera

Jusqu'à ne plus m'en souvenir.

Et je crierai ton nom, le vent l’emportera

Jusqu'à la fin de l’ire.


Jusqu'à l’apaisement des flots tumultueux,

L’épuisement de mon chagrin,

Je laisserai ton nom s’échapper de mes yeux,

Caché dans les embruns.

24 mars 2011

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Éléonore, dans le TER,

Pleure

Car dans son corps, de sa terre,

La tumeur

Sourd

.

17 févr. 2011