28 mai 2011



Ferme les yeux, ferme les yeux

Tu ne verras pas que le monde est surpeuplé

De monarques aux dents longues et Rolex au poignet

D’extrémistes pervers, de marchands de fusils

De putains, de clodos émaciés, de junkies

Et de l’absence de nous deux


Ferme les yeux

Car sur l’envers

De ta paupière

Il y a la mer

Ses tremblants reflets de lumières

La musique de son ressac

Et notre amour encore intact


Ferme les yeux, ferme les yeux

Tu ne verras pas que le monde est saccagé

Par les marchands de rêve qui ne rêvent jamais

Qui nous bouffent la laine, nous arrachent la foi

Nous ponctionnent l’envie de demander pourquoi

Et par l’absence de nous deux


Ferme les yeux

Car dans le feu

De tes prunelles

Il y a le ciel

Son immensité dans laquelle

Dansent les étoiles et le vent

Et notre amour libre et vibrantAligné à gauche


Ferme les yeux, encore un peu

Tu ne verras pas que le monde est amoché

Par nos mares de sang, de fuel et de déchets

Par nos cités sans air, graisseuses aux grises mines

Nos champs de pesticides, d’OGM et de mines

Et par l’absence de nous-deuxAu centre


Ferme les yeux

Si tu le veux

Sur la laideur

Mais la noirceur

Ne cache pas toute lueur

Même si la coupe est amère

Et notre amour perdu en mer

23 avr. 2011

La folie des hommes


Ils vont trouver deux balles rouges

Fichées sous la peau de ton front
Deux balles pour que plus rien ne bouge
Ça vaut pas lourd la vie au fond


Mais que pourront-ils savoir

En fouillant deux trous noirs

Du bout de leurs doigts gantés

Du poids de tes pensés ?


Ils vont trouver du sang séché

Dans les replis de ton cerveau

Qu'ils vont peser et mesurer
Et découper en fins copeaux


Mais que pourront-ils savoir
De tes sorties secrètes

D'un baiser, d'un désespoir

D'une première cigarette ?


Ils vont couper ta peau trop lisse
Pour soupeser ton cœur éteint
Mais comment peser l'injustice

Et ton cœur ne leur dira rien


Rien de tes colères noires

Ni de tes joies soudaines

Rien de celui qui un soir

T'a murmuré " je t'aime"


Non ton cœur ne dira plus rien

De ses danses adolescentes
Ni des raisons qui ont soudain

Stoppé sa course trébuchante


Il n'y a rien à apprendre

De ces deux balles en somme

Il n'y a rien à comprendre

A la folie des hommes

.

31 mars 2011

Tempête


Après que je l’aurai griffonné dans les marges

Jusqu’à en perdre la raison,

J’irai sur la jetée, jeter au vent du large

Comme en écho, ton nom.


Après qu’il aura fait lever en moi le vent

Sauvage de la passion,

Au fracas du ressac, aux cris des goélands

J’irai mêler ton nom.


J’irai sur les rochers rugueux de mon enfance,

Sous le fouet d’une pluie salée,

Contempler la beauté naître de la violence,

En gerbes éclatées.


J’irai fouler le sable humide de la grève,

Là où l’écume vient mourir,

Là où l’assaut rageur de l’océan s’achève

Et se mue en soupir,


Et j’écrirai ton nom, la mer l’effacera

Jusqu'à ne plus m'en souvenir.

Et je crierai ton nom, le vent l’emportera

Jusqu'à la fin de l’ire.


Jusqu'à l’apaisement des flots tumultueux,

L’épuisement de mon chagrin,

Je laisserai ton nom s’échapper de mes yeux,

Caché dans les embruns.

24 mars 2011

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Éléonore, dans le TER,

Pleure

Car dans son corps, de sa terre,

La tumeur

Sourd

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