14 janv. 2012
3 janv. 2012
Je suis passée à l’ennemi
Dans le camp des méchants, des salauds par envie
Tout était plus aisé, moins risqué, moins blessant
J’étais fatiguée à vingt ans
D’être dans le camp des perdants
Je me suis glissée dans la peau
Du faux prince qui n’est qu’un croassant crapaud
Du témoin qui se tait, de celui qui accule
Du quidam qui n’est qu’une crapule
J’ai bien profité des récoltes
De mon statut nouveau d’inconscient désinvolte
Cœur léger j’ai pillé sans jamais rien offrir
Et sans jamais m’en repentir
Et cœur léger j’ai retourné
Le couteau dans des plaies, cent fois sans hésiter
Délestée du fardeau pesant de la vertu
J’ai profité sans retenue
D’être dans le camp des gagnants
J’ai mis longtemps à remarquer
Que le camp des gagnants sent la merde à plein nez
Exhalant les relents de l’humaine misère
Les cris, les murs, les cartouchières
Les cris, les murs, les cartouchières
Mais aussi la souffrance aphone, et les prières
Qui se perdent ou les dires qui égratignent ou blessent
Ou même les fausses promesses
L’odeur pénètre lentement
L’odeur en contrepoint de tous les sentiments
Et vient un jour devant le miroir, une question
Comment suis-je devenu un con ?
Qu’importe les remords tardifs
On ne peut retirer un seul coup de canif
Et l’âme repentie n’en est pas moins puante
Lorsqu’elle a baigné dans la fiente
Béguin
Ce tressaillement n’est que de la poudre au cœur
Un léger contretemps dans le bruit du moteur
Une tocade, un contrepoint d’une mesure
Ce tressaillement n’est que du cabotinage
La turbulence d’un caprice de passage
Un feu de paille, l’oscillation d’une brisure
.
.
18 nov. 2011
La femme du voisin
Le voisin à tué sa femme
C’est le journal qui me l’a dit
En gros titre c’était écrit
« L’adultère se termine en drame »
La femme du voisin était belle
Elle sentait bon la vanille
Et elle chantait des ritournelles
Quand elle arrosait ses jonquilles
La femme du voisin aimait bien
Chérie FM, Michel Fugain
Bronzer toute nue dans son jardin
Et bouquiner des Arlequins
La femme du voisin était seule
Son époux sortait tous les soirs
Elle buvait des citrons-tilleuls
Tandis qu’il écumait les bars
La femme du voisin sanglotait
Sur cette vie trop mal foutue
Si fort qu’elle réveillait la rue
En inondant ses oreillers
Les voisins étaient fatigués
D’être ôtés des bras de Morphée
A toute heure par les hoquets
De cette belle délaissée
Moi j’ai voulu rendre service
A la petite communauté
Et à cette femme à la peau lisse
Dont j’étais un peu entiché
J’ai réchauffé les draps du lit
Le cœur de la femme du voisin
J’ai réchauffé mes propres nuits
Dans le creux de son corps jasmin
Le voisin a tué sa femme
C’est le journal qui me l’a dit
Il lui a explosé le crâne
Avec son super gros fusil
Funambule
J’me fous de me cramer les ailes
Pour me camer aux sensations
Tant pis pour le chien, la maison
Et le bustier sous la tonnelle
J’me fous d’être sur le carreau
Plus souvent qu’à mon tour, eh quoi
Je défie bien souvent les lois
Du grave pour planer plus haut
J’me fous de planter le bonheur
Pour frayer avec le voyage
Je veux être sauvage et sage
Et gémir encore de douleur
J’me fous d’payer ce que je dois
Les montagnes russes m’envoient
Parfois si haut que vu d’en bas
Je voudrais crever d’être là
Si tu foules des pieds la même terre
Si tu respires la même atmosphère
Tant que t’existes funambule, je crois
Que je peux survivre à l'absence de toi
J’me fous de me tromper souvent
De trop aimer la race humaine
De psalmodier cette rengaine
« Les Hommes sont frères, évidemment »
J’me fous du ridicule on n’est
Jamais mort de rires moqueurs
Mais souvent d’imbéciles heurts
Pouvoir, religion et monnaie…
J’me fous de l’angoisse qui vient
Toujours entre minuit et deux
Me chanter ce refrain fielleux
« Ou est ton rivage, marin ? »
J’m’en fous tant qu’il y aura des fous
Des Hommes forts, des Hommes libres
Des chansons, des tableaux, des livres
Je pourrai me tenir debout
Si tu foules des pieds la même terre
Si tu respires la même atmosphère
Tant que t’existes funambule, je sais
Qu’aucun étau ne me fera plier.
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