14 janv. 2012

Du désir


A mon cœur défendant
Je veux la mise à nu
De ton corps défendu
Je veux lascivement
Croquer à pleines dents
Dans ta chair dévêtue
Je nage à contre corps
Mais le désir l’emporte
Que le diable me porte
J’irai coller mon corps
Au tien sans un remords
Si le diable m’escorte
Je veux que se déchire
Ta peau sous les caresses
De ma langue diablesse
Je veux que l'élixir
Salé de mon désir
Te jette dans l’ivresse
Qu’à corps à corps perdu
Se mêlent nos odeurs
Nos lèvres, nos humeurs
Que se noie dans la crue
Du plaisir éperdu
Que se noie la douleur

L' automne à Lille

 









3 janv. 2012


Je suis passée à l’ennemi
Dans le camp des méchants, des salauds par envie
Tout était plus aisé, moins risqué, moins blessant
J’étais fatiguée à vingt ans

          D’être dans le camp des perdants

Je me suis glissée dans la peau
Du faux prince qui n’est qu’un croassant crapaud
Du témoin qui se tait, de celui qui accule
Du quidam qui n’est qu’une crapule

J’ai bien profité des récoltes
De mon statut nouveau d’inconscient désinvolte
Cœur léger j’ai pillé sans jamais rien offrir
Et sans jamais m’en repentir

Et cœur léger j’ai retourné
Le couteau dans des plaies, cent fois sans hésiter
Délestée du fardeau pesant de la vertu
J’ai profité sans retenue

         D’être dans le camp des gagnants

J’ai mis longtemps à remarquer
Que le camp des gagnants sent la merde à plein nez
Exhalant les relents de l’humaine misère
Les cris, les murs, les cartouchières

Les cris, les murs, les cartouchières
Mais aussi la souffrance aphone, et les prières
Qui se perdent ou les dires qui égratignent ou blessent
Ou même les fausses promesses

L’odeur pénètre lentement
L’odeur en contrepoint de tous les sentiments
Et vient un jour devant le miroir, une question
Comment suis-je devenu un con ?

Qu’importe les remords tardifs
On ne peut retirer un seul coup de canif
Et l’âme repentie n’en est pas moins puante
Lorsqu’elle a baigné dans la fiente

Béguin



















Ce tressaillement n’est que de la poudre au cœur
Un léger contretemps dans le bruit du moteur
Une tocade, un contrepoint d’une mesure

Ce tressaillement n’est que du cabotinage
La turbulence d’un caprice de passage
Un feu de paille, l’oscillation d’une brisure
.

18 nov. 2011

La femme du voisin


Le voisin à tué sa femme
C’est le journal qui me l’a dit
En gros titre c’était écrit
« L’adultère se termine en drame »

La femme du voisin était belle
Elle sentait bon la vanille
Et elle chantait des ritournelles
Quand elle arrosait ses jonquilles

La femme du voisin aimait bien
Chérie FM, Michel Fugain
Bronzer toute nue dans son jardin
Et bouquiner des Arlequins

La femme du voisin était seule
Son époux sortait tous les soirs
Elle buvait des citrons-tilleuls
Tandis qu’il écumait les bars

La femme du voisin sanglotait
Sur cette vie trop mal foutue
Si fort qu’elle réveillait la rue
En inondant ses oreillers

Les voisins étaient fatigués
D’être ôtés des bras de Morphée
A toute heure par les hoquets
De cette belle délaissée

Moi j’ai voulu rendre service
A la petite communauté
Et à cette femme à la peau lisse
Dont j’étais un peu entiché

J’ai réchauffé les draps du lit
Le cœur de la femme du voisin
J’ai réchauffé mes propres nuits
Dans le creux de son corps jasmin

Le voisin a tué sa femme
C’est le journal qui me l’a dit
Il lui a explosé le crâne
Avec son super gros fusil