L'envie de fourbir nos consciences
L'envie de croire que les mots
Ne sont pas vide de substance
On a perdu à force de mensonges
L'envie de nourrir nos « peut-être »
L'envie de savoir que la longe
Qui nous tient, nous en sommes maîtres
Qu'ils brisent le rythme éventé
De nos chansons édulcorées
Qu'ils brisent le chant des sirènes
Poissons poisons qui nous enchaînent
Qu'ils brisent le silence ennuyeux
Lové dans nos regards vitreux
Qu'ils brisent nos rêves de bourgeois
Et nous redonnent de la voix
On a perdu à force de ployer
La force de se tenir droit
Face aux prédateurs affamés
Qui nous veulent pouvoir d'achat
On a perdu à force d'acheter
De travailler pour acheter
D'être éduqué pour travailler
On a perdu le temps de penser
Qu'ils brisent le rythme effréné
La ronde folle de la monnaie
Qu'ils brisent nos bêlements plaintifs
Et montent le son des manifs
Qu'ils brisent le silence ennuyeux
Planqué dans nos cerveaux trop creux
Qu'ils brisent nos rêves de bourgeois
Et nous redonnent de la foi
On a perdu à force d'amertume
Le goût fameux qu'avait la lune
Quand pour se donner de l'allant
On s'en partageait les croissants
On a perdu à force d'amnésie
Le goût des larmes de l'enfance
Alors qu'on s'était tant promis
D'inventer de nouvelles danses
Qu'ils brisent le rythme alangui
De nos cœurs ouatés sourds et gris
Qu'ils brisent le chant des marchands
Joueurs de flûte, brasseurs de vents
Qu'ils brisent le silence ennuyeux
Caché dans nos paroles, en creux
Qu'ils brisent nos rêves de bourgeois
Et nous redonnent de l'émoi