22 janv. 2011

17 déc. 2010

Absence

.
Y’a des jours sans

Des jours sans sel,
Qui s’étirent en longueur et prennent un malin
Plaisir à nous voir jouer notre pièce sans fin

Y’a des jours sans
Des jours sans miel
Qui nous soufflent à la face leur sèche violence
L’odeur du souffre et de la mort, et leur silence

Y’a des jours sans
Des jours sans feu
Sans élan, sans courage des jours bistres et voilés
Qui nous engluent l’œil de nostalgie, de regrets

Y’a des jours sans
Des jours sans foi
Qui ne nous donnent rien à vouloir que des choses
Qui clinquent qui claquent mais nous rendent moroses

Et y’a ces jours
Qui se ressemblent
Qui forment comme une ribambelle fanée
De couleur absorbée par l’éclat du passé

Et y’a ces jours
Qui nous étranglent
Qui égrainent sans trêve nos souvenirs aigus
A l’arrière goût fielleux de paradis perdu
.

17 nov. 2010

miss Frase

« Où sont mes clés ? »

Est la phrase préférée

De millions de français

Phrase pratique

Pas du tout politique

Assez peu poétique

« Salut, où t’es ? »

Est souvent usitée

Dans les milieux branchés

Phrase basique

Un peu géographique

Et très téléphonique

« Salut ça va

Ça va, et toi, ça va ? »

Se pratique à tout va

Conversation

Sans prétention

Un tantinet bidon

« Allez, les bleus ! »

Est un classique mais peut

Passer pour plouc au mieux

« Je suis ton père »

C’est pour moi un mystère

Fait une belle carrière

Il faut noter

Que si «Putain, Fait chier ! »

Est très plébiscité

« Casse toi pauv’ con »

Qui n’est guère plus abscons

Remporte peu d’adhésion

En conclusion

De ce tour d’horizon

Il me semble qu’un con

Qui cherche des clés

Dans la bouche d’un kéké

Ne saurait les trouver

9 juin 2010

Rêveurlution

On a perdu à force de salauds
L'envie de fourbir nos consciences

L'envie de croire que les mots

Ne sont pas vide de substance


On a perdu à force de mensonges

L'envie de nourrir nos « peut-être »

L'envie de savoir que la longe

Qui nous tient, nous en sommes maîtres


Vivent les rêveurs,
vivent leurs cris !

Qu'ils brisent le rythme éventé

De nos chansons édulcorées

Qu'ils brisent le chant des sirènes

Poissons poisons qui nous enchaînent


Vivent les rêveurs,
vivent leurs rires !

Qu'ils brisent le silence ennuyeux
Lové dans nos regards vitreux
Qu'ils brisent nos rêves de bourgeois

Et nous redonnent de la voix


On a perdu à force de ployer
La force de se tenir droit
Face aux prédateurs affamés

Qui nous veulent pouvoir d'achat


On a perdu à force d'acheter

De travailler pour acheter

D'être éduqué pour travailler

On a perdu le temps de penser


Vivent les rêveurs,
vivent leurs cris !

Qu'ils brisent le rythme effréné

La ronde folle de la monnaie

Qu'ils brisent nos bêlements plaintifs

Et montent le son des manifs


Vivent les rêveurs,
vivent leurs rires !

Qu'ils brisent le silence ennuyeux

Planqué dans nos cerveaux trop creux

Qu'ils brisent nos rêves de bourgeois

Et nous redonnent de la foi

On a perdu à force d'amertume
Le goût fameux qu'avait la lune

Quand pour se donner de l'allant

On s'en partageait les croissants


On a perdu à force d'amnésie

Le goût des larmes de l'enfance

Alors qu'on s'était tant promis

D'inventer de nouvelles danses


Vivent les rêveurs,
vivent leurs cris !

Qu'ils brisent le rythme alangui

De nos cœurs ouatés sourds et gris

Qu'ils brisent le chant des marchands

Joueurs de flûte, brasseurs de vents


Vivent les rêveurs,
vivent leurs rires !

Qu'ils brisent le silence ennuyeux

Caché dans nos paroles, en creux

Qu'ils brisent nos rêves de bourgeois

Et nous redonnent de l'émoi