11 sept. 2011

Se faire la malle


J’connais la fin du scénar
Étreinte sur quai de gare
Travelling et train qui part

J’connais la fin de l’histoire
Mascara salé, mouchoir,
Retour à la case mémoire

Pourquoi tenter l’aventure
Si ta bouche me murmure
A l’aube du dernier matin
Petite, je t’aimais bien

Mais on la joue quand même
On en joue chaque scène
Et de jours en semaines
On va se dire « je t’aime »

On va se faire du mal
On va se faire du bien
Au bout du compte enfin
Tu vas te faire la malle

On sait la fin du séjour
Un capiton de velours
Et des gens qui pleurent, autour

On sait la fin du parcours
Dix fleurs, quatre clous, un four
Et pourtant on court, on court

Pourquoi se jeter à l’eau
Si chacun de nos cadeaux
Est repris par le destin
Jusqu’au dernier matin

On s’y jette quand même
Oh, qu’à cela ne tienne
Et d’étrennes en étrennes
On espère et l’on sème

Et l’on se fait du mal
Et l’on se fait du bien
Au bout du compte enfin
On se fait tous la malle

28 mai 2011

L'heure est à la guerre

Pleurons mes frères
L’heure est à la guerre
Et nous n’aurons plus guère
De larmes sous la terre

Rions mes frères
L’étau se resserre
Rions avant que tombent
Les enfants sous les bombes

Aimons mes frères
Que dans nos artères
Galope l’espérance
Avant les béances

Chantons mes frères
Que nous sommes fiers
Car nous mourrons debout
S’ils ont raison de nous


Ferme les yeux, ferme les yeux

Tu ne verras pas que le monde est surpeuplé

De monarques aux dents longues et Rolex au poignet

D’extrémistes pervers, de marchands de fusils

De putains, de clodos émaciés, de junkies

Et de l’absence de nous deux


Ferme les yeux

Car sur l’envers

De ta paupière

Il y a la mer

Ses tremblants reflets de lumières

La musique de son ressac

Et notre amour encore intact


Ferme les yeux, ferme les yeux

Tu ne verras pas que le monde est saccagé

Par les marchands de rêve qui ne rêvent jamais

Qui nous bouffent la laine, nous arrachent la foi

Nous ponctionnent l’envie de demander pourquoi

Et par l’absence de nous deux


Ferme les yeux

Car dans le feu

De tes prunelles

Il y a le ciel

Son immensité dans laquelle

Dansent les étoiles et le vent

Et notre amour libre et vibrantAligné à gauche


Ferme les yeux, encore un peu

Tu ne verras pas que le monde est amoché

Par nos mares de sang, de fuel et de déchets

Par nos cités sans air, graisseuses aux grises mines

Nos champs de pesticides, d’OGM et de mines

Et par l’absence de nous-deuxAu centre


Ferme les yeux

Si tu le veux

Sur la laideur

Mais la noirceur

Ne cache pas toute lueur

Même si la coupe est amère

Et notre amour perdu en mer

23 avr. 2011

La folie des hommes


Ils vont trouver deux balles rouges

Fichées sous la peau de ton front
Deux balles pour que plus rien ne bouge
Ça vaut pas lourd la vie au fond


Mais que pourront-ils savoir

En fouillant deux trous noirs

Du bout de leurs doigts gantés

Du poids de tes pensés ?


Ils vont trouver du sang séché

Dans les replis de ton cerveau

Qu'ils vont peser et mesurer
Et découper en fins copeaux


Mais que pourront-ils savoir
De tes sorties secrètes

D'un baiser, d'un désespoir

D'une première cigarette ?


Ils vont couper ta peau trop lisse
Pour soupeser ton cœur éteint
Mais comment peser l'injustice

Et ton cœur ne leur dira rien


Rien de tes colères noires

Ni de tes joies soudaines

Rien de celui qui un soir

T'a murmuré " je t'aime"


Non ton cœur ne dira plus rien

De ses danses adolescentes
Ni des raisons qui ont soudain

Stoppé sa course trébuchante


Il n'y a rien à apprendre

De ces deux balles en somme

Il n'y a rien à comprendre

A la folie des hommes

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