18 janv. 2009

A l'enfant qui ne naîtra pas

.
Il ne va pas m’arrondir

Je ne lui raconterai

Jamais de conte de fée

Il ne va pas m’arrondir

Ni les bras ni le sourire


Il ne va pas devenir

Pour quelques mots maladroits

Une raison d’être là

Il ne va pas retenir

Une place dans mon rire


Il ne va pas me guérir

Des mes errances sans fin

De mes silencieux chagrins

Il me faudra me tarir

Seule pour enfin donner


Je ne pourrai pas lui dire

Combien il m’aurait manqué

S'il n'avait pas existé

Je ne pourrai pas lui dire

Pardon d'avoir hésité
.

15 déc. 2008

Marine

,

Marine danse et balance

Son cœur à outrance

Marine danse et sa danse

Trompe la souffrance


Marine traine son cafard

Sur le quai des gares

Marine sur le départ

Ne va nulle part


Marine dis-moi, toi qui as

Un prénom de vent et d’azur

De voilier blanc et d’aventures

C’est quand que tu t’en vas?


Marine dis-moi, le sais-tu

Que rêver trop c’est vivre moins

Que sous la terre il n’y a rien

Que du temps révolu?


Marine chante et déchante

Cigale touchante

Marine est trop dilettante

Et la vraie vie, chiante


Marine s’ennuie souvent

Dans le gris ambiant

Marine voudrait les gens

Un peu plus marrants


Marine de ta balançoire

Aperçois-tu des arcs-en-ciel?

Des gens qui jouent à la marelle?

Où porte ton regard ?


Marine dis-moi, le sais-tu

Que vivre ce n’est pas mourir

Que les fous possèdent un empire

Caché dans l’incongru?

1 déc. 2008

d

Rien ne sort

De mon longs corquille vide
Mon corps mort

Que de l'eau
Que de la peine liquide
Pas de mots

Les maux s'ancrent
Et savent se faire entendre
Mais sans encre

Les maux crient
Je les console et j'engendre
Ma folie

Rien de chaud
Ne peut plus me réchauffer
Que tes mots

Rien de fort
Ne peut plus me rattraper
Que ton corps

h

22 sept. 2008

Histoires de coeur

.



"Mon palpitant n’ fait plus de vagues"
Dit la patronne d’un air vague
"Même les beaux messieurs galants
Ne me font plus tant rire qu’avant."

"Mon palpitant a moi, s’exclame
Un papy au comptoir, s’enflamme
Pour chaque paire de fesses pleines
Qui devant mes yeux se promène."

"Quant à moi mon gros palpitant,
Ajoute un quidam, est tout l’temps
En train de me faire des coups bas
Et des pontages à tour de bras."

Une jeune femme bien faite
Arrive sur ces entrefaites
Commande un café et déclare
"Moi mon palpitant j’en ai marre.

Je le crois gogomachophile
Il fait des zigzags sur le fil
Et bien sûr tombe, se fait mal
Pleure et déjà se réemballe."

"Ah !" S’écrie le garçon du fond
En maculant son pantalon
De café dans son empressement
A parler de son palpitant.

"Le mien papillonne à l’envie
Il s’éprend pour un mot d’esprit
Pétille d’un feu éphémère
Et l’aube pointant s’indiffère."

"Jeune homme! Cœuromisez-vous!
Votre palpitant est un fou
Dangereux trompeur et volage
Il sera cause de ravage!"

La femme à l’énorme derrière
Dont émane l’avis sincère

Ajoute "Moi, mon palpitant

Ne bat plus que pour mes enfants

Car mon non moins énorme époux
Son palpitant lui a fait l’coup

De faut tout changer t’es foutu

Depuis il ne palpite plus ."

Et ainsi conversent compères
Puisqu'attendant la mise en bière

Le sujet est pour les vivants

Inépuisable, et palpitant.

5 août 2008

Abandon

Elle est partie un matin, cheveux au vent et air mutin
Elle est partie sans retour, sans un au revoir, sans détour
Elle est partie un matin, comme pour aller au turbin
On a attendu qu’elle revienne, un jour puis deux, puis une semaine

Elle est partie sans valise, ivre de voler à sa guise
Elle est partie sans laisser, le choix à hier d’exister
Elle est partie l’air de rien, jouant un bon tour au destin
On a attendu ses remords, peut-être qu’on attend encore

Elle est partie jeune et belle, un peu ado un peu rebelle
Elle est partie s’inventer des rêves fous de liberté
Elle est partie un laid jour, comme pour aller faire un tour
On a attendu son retour, peine perdue peine d’amour

Elle est partie dans le cœur, les ailes de notre malheur
Elle est partie était-elle, en cage la belle hirondelle
Elle est partie sans rien dire, tirant un trait pour l’avenir
On a attendu qu’elle regrette, notre amour vain encore l’endette

Elle est partie un matin, cheveux au vent et air mutin
Elle est partie nous laissant, le cœur tout nu le cœur béant
Elle est partie la maison, depuis manque de fondations
On était bien trop jeunes pour, notre premier chagrin d’amour

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