21 mars 2014

Les tristes weekends de mai des obsédés du boulot



Jeudi :
Trois-cents quatre-vingt mill(e) cinq-cents secondes avant ma came
J’en ai la chair de poule, des sueurs froides, la nausée
Je sens mes neurones s’affoler sous la peau de mon crâne
Rien qu’à l’idée !

Vendredi :
Deux-cent vingt-et-un mill(e) trois-cent secondes avant mon shoot
Mes mains sucrent les fraises, connexions nerveuses en déroute
Sous mes ongles du sang, sur ma peau des lignes de croûtes
J’deviens taré !

Samedi  :
Cent quatre-vingt huit mill(e) cinq-cents secondes avant mon fix
Planquée au fond d’mon pieu ca y’est ca vient j’me sens crever
Qu’on m’oublie qu’on me laisse en paix avec mon idée fixe
Encore planer !

Dimanche  :
Quarante-six mill(e) huit cent cinquant(e) secondes avant ma blanche
J’ai perdu trois kilos d’sueur, j’ai la raison qui flanche
L’œil vitreux, la bouche baveuse je mate vivement dimanche
J'veux y r'tourner !

25 févr. 2014

Sur un air de physique quantique

Je troposphère
La gravité me ferre
M'emprisonne à l'envers
Les quatre fers en l'air
Je troposphère

       Que puis-je y faire ?

Si le plancher des vaches
Est un parquet blanlant
Peuplé des moutons vaches
Et de bouchers couverts de sang

       Que puis-je y faire ?

Si la belle bleue pue
Des trop nombreux charniers
De tous nos rêves tus
Et de ceux qui ne sont pas nés

       Que puis-je y faire ?

Je préfère flotter
Entre deux airs de jazz
Quelques rhums arrangés
Je préfère vivre entre deux phases

       Je stratosphère
       La gravité me ferre
       M'emprisonne à l'envers
       Les quatre fers en l'air
       Je stratosphère

      Que puis-je y faire ?

Si Dieu et ses fidèles
Se foutent, au fond, de paix
Si tant d'abrutis bêlent
Qu'on ne vit que pour acheter

       Que puis-je y faire ?

Si ma peine ne fond
Pas avant quelques rhums
De voir le puit sans fond
De l'indifférence des Hommes

      Que puis-je y faire ?

Je préfère larguer
Les amarres avant que
Les morceaux de beauté
Ne parviennent plus à mes yeux

       Je mésosphère
       La pesanteur m'altère
       M'empoisonne à l’éther
       Les sens noyés de bière
       Je mésosphère

14 févr. 2014

La pluie, grise de Lille

Et le plafond de nuit

Et sans fin et sans bruit 

La longue nuit de pluie

20 déc. 2013

Poème pour ma mère

Ce que tu m'as donné
Le soleil orangé se couchant sur la mer
Sa voile repliée et monsieur réverbère
Plantant son drapeau noir où s'est couché le jour

Ce que tu m'as donné
L'estran luisant aux pâles rayons de l'hiver
Les coquilles bruissantes et les morceaux de verre
Dont nous faisions des jeux, des rêves, des atours

Ce que tu m'as donné
Ta paume sur nos peaux piquetées de nos peurs
Tes mots dans des gâteaux, mots mués en saveurs
Et la table de sept que je ne sais pas bien

Ce que tu m'as donné
Les tables infernales sur la nappe cirée
Et le chant de ta voix, la soupe qui cuisait
Et ton chant qui disait je ne regrette rien

Ce que tu m'as donné
L'envie d'être au delà de ce que voient les yeux
Le goût de n'être pas du côté des envieux
L.indifférence aux jeux de pouvoir et d'argent

Ce que tu m'as donné
Ta tendresse en gâteaux, j'en fais des mots parfois
J'en fais de l'avenir, de l'ailleurs, des combats
Et j'y puise ma joie, ma droiture et mon cran.

12 sept. 2013

L'absence

Mais que pourrais-je en dire, cette large béance
Me bâillonne et maintient son écrasant empire
Avorte tous mes mots jusqu’au moindre soupir

Et pour suffoquer moins du néant de l’absence
Je fracasse, éperdue mes phalanges blanchies
Contre les parois lisses de ma boîte à folie

Et pour manger encore de ce pain puisqu’il faut
Se résoudre à payer le moindre instant de grâce
Se résoudre à ployer sans qu’aucun coup de grâce
Ne vienne nous l’ôter du tranchant de sa faux

Et pour manger encore de ce pain je rougis
Mes poings et je décore mon corps avec mes dents
De grandes arabesques, de sourires sanglants
Jusqu'à en oublier qui j’étais, qui je suis

Je presse des canons sur mes tempes et j’appuie
Sur des gâchettes enfin, et sans fin je tabasse
Le silence, et jamais, jamais il ne trépasse

Et ma boîte à folie résonne sans répit
De cris brisés au seuil de la raison, la garce
Qui veut que l’on survive, et que l’absence passe